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Appel des Organisations de la Société Civile à l’intention de l’Union Européenne et du Gouvernement malagasy face à l’inertie préoccupante dans la lutte contre la surpêche du thon dans l’Océan Indien.

Nous, ONG de protection de l’environnement, Organisations de la Société Civile (OSC) malagasy, incluant des regroupements de pêcheurs, signataires du présent communiqué, exprimons par la présente notre profonde préoccupation quant à la quasi-inexistence des efforts mis en œuvre pour mettre fin à la surpêche du thon et des espèces apparentées. Alors que cette surpêche met même en péril les moyens de subsistance des pêcheurs locaux de Madagascar. Le manque de sérieux de certains pays et organisations membres de la Commission des Thons de l’Océan Indien (CTOI), qui est chargée de gérer les espèces hautement migratoires, dans cette lutte contre la surpêche, nous laisse perplexes. Aucune mesure de conservation et de gestion (MCG) efficace n’a été adoptée ou mise en œuvre, mettant en péril la reconstitution des stocks tel est le cas de l’albacore de l’Océan Indien déclaré en état de surpêche dès 2015.

Lors de la récente réunion de la CTOI en février 2023 à Mombassa, Kenya, une importante résolution visant à améliorer la gestion des dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants utilisés par les thoniers senneurs industriels de l’Union Européenne pour attirer les thons, a été adoptée. C’est la première fois depuis plusieurs années qu’une mesure significative a été prise pour réduire l’effort de pêche sur les captures de juvéniles d’espèces de thon tropical. L’albacore et le thon obèse sont tous deux surexploités dans l’Océan Indien, et une très forte proportion de ces thons – 97 % dans le cas de l’albacore – capturés par les senneurs à senne coulissante autour de ces DCP dérivants controversés dans la région sont des juvéniles, ce qui a un impact supplémentaire sur la santé des stocks.

Cette résolution, soutenue par de nombreux pays côtiers de l’Océan Indien, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2024, prévoit une réduction progressive du nombre de DCP dérivants autorisés par navire de 300 à 250 la première année et à 200 jusqu’en 2025. Elle charge également le comité scientifique de la CTOI de recommander des mesures de gestion appropriées pour les DCP dérivants, fondées sur des données scientifiques crédibles, avant la fin de l’année 2023. Conformément à l’approche de précaution, une fermeture de 72 jours des DCP dérivants entrera automatiquement en vigueur en 2024, à moins que des données scientifiques crédibles produites par le comité scientifique ne montrent que cette approche ne contribuera pas à la reconstitution des stocks.

Il est bien établi que, outre les effets néfastes des DCP dérivants sur les populations de poissons juvéniles, l’utilisation des DCP entraîne également des niveaux élevés de prises accessoires d’espèces en voie de disparition, menacées et protégées, ainsi que des enchevêtrements, une pêche fantôme, une pollution marine et des dommages aux écosystèmes sensibles lorsqu’ils sont perdus ou abandonnés.

Nous, ONG et OSC malagasy, sommes unanimes pour demander :

–                à l’Union Européenne de faire preuve d’un leadership responsable en adhérant à la résolution récemment adoptée par la CTOI, dans l’intérêt des stocks de thon tropical de l’Océan Indien et des nombreux autres pays et communautés qui en dépendent, et

–                au Gouvernement Malagasy de défendre les droits des communautés côtières et de collaborer avec d’autres pays côtiers pour réclamer la justice océanique et continuer à soutenir la résolution.

Fait à Antananarivo, le 23 Mars 2023

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