EconomieRégions

Fixation du prix du riz: Une solution pommade optée par l’Etat

L'Etat s'immisce dans la filière riz, en imposant le prix maximum qui doit être appliqué. Une initiative qui risque de perturber le marché de ce produit hautement stratégique.

L’Etat vient d’imposer, pour une nouvelle fois cette année, le prix maxima du riz importé. Mais cette mesure risque une fois encore de ne pas aboutir aux résultats attendus, comme durant le confinement. Face à la flambée du prix du riz, c’est en effet au tour du Premier ministre Ntsay Christian d’annoncer l’application d’un prix maxima du riz importé, qui ne devra pas dépasser les 550 ariary le “kapoaka” et en brandissant des menaces de sanction à l’encontre de ceux qui ne suivent pas cette consigne.

Un prix imposé qui aurait déjà dû être appliqué au lendemain de son annonce. Mais la majorité des commerçants n’ont apparemment pas joué le jeu. “La raison est que le locataire de Mahazoarivo parle d’un prix imposé sur la base de prix négociés pour les prochaines importations. Ce que nous avons comme stocks ne doivent donc pas être affectés”, réagit un commerçant dans la périphérie de la Capitale.

Cette mesure déjà prise par l’Etat n’a d’ailleurs pas marché. Faut-il rappeler que durant le confinement, le ministre du commerce Lantosoa Rakotomalala avait elle aussi déjà imposé aux commerçants la vente du riz qui ne devait pas dépasser les 1800 ariary par kilo. Ce qui n’avait nullement empêché les prix de connaître des hausses incessantes. Le problème du carburant est également un exemple concret du mauvais résultat de l’immixtion de l’Etat dans l’administration de prix.

Ntsay Christian a également indiqué l’importation massive de riz pour combler le besoin du pays. 100 000 tonnes sont attendues avant la fin de cette année, précise-t-il. Pourtant, ce n’est apparemment pas le riz qui manque sur le marché mais c’est son prix qui n’est pas maîtrisé. “Le riz importé est censé stabiliser et maintenir le prix sur le marché. Or pour notre cas, le riz importé suit la tendance du riz local. Il faut également souligner que ce n’est pas en important massivement que le problème va se régler. En se référant sur la tendance de consommation malgache, c’est le riz local qui est le plus prisé”, soutient un agent du ministère du commerce.

Or, il faut savoir que la production locale n’a pas vraiment connu des améliorations en termes de rendement. Pourtant, le nombre de consommateurs ne cesse de s’accroître, au point que l’offre du « vary gasy » peine à suivre la demande. C’est plutôt dans l’amélioration de ce niveau de rendement que l’Etat doit donc surtout miser. Pour l’heure, un nombre limité de riziculteurs optent pour l’application des techniques innovantes ou l’utilisation des semences améliorées.

En tout cas, ce n’est pas en s’acharnant sur les commerçants que le problème va se régler. Au contraire, cette mesure de fixation de prix, ajoutée d’une menace de sanction ne fera qu’encourager la spéculation, soutient un commerçant d’Ambohimangakely. Cet opérateur avance alors la mise en place de points d’éclatement dans les périphéries pour réduire les 80 ariary par kilo de coûts de transport qu’il faut rattraper sur les marges bénéficiaires. Pour l’heure, le marché d’Anosibe demeure le principal point d’éclatement pour Antananarivo et ses périphéries.

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page