Société

Crise socioéconomique: L’Etat complètement débordé

La distribution des aides "sosialim-bahoaka" a encore une fois viré au désordre dans de nombreux fokontany de la Capitale et les périphériques. Certains habitants sont mêmes descendus dans la rue pour se faire entendre.

Le chaos total ! C’est ce que l’on puisse dire du désordre observé dans tous les points de distribution des aides “sosialim-bahoaka”. Très tôt dans la matinée, presque tous les bureaux des fokontany sont pris d’assaut ces derniers jours.

Munis de leurs carnets, toutes les personnes qui se sentent vulnérables et délaissées à cause de cette crise sanitaire se sont empressées de s’y rendre pour récupérer le “panier” promis par Andry Rajoelina. Contre vents et marées, chacun a voulu être au premier rang pour être les premiers servis, quitte à enfreindre les gestes barrières. Mais contrairement à ce qui a été annoncé par le chef d’Etat où il a toujours martelé qu’aucun foyer ne sera oublié, de nombreuses personnes sont rentrées bredouilles.

Les recalés de cette liste de “sosialim-bahoaka” n’étaient pas prêts à abandonner si facilement la partie. Pour manifester leur mécontentement, ils sont descendus dans la rue comme c’est le cas à Andraisoro et ont brûlé des pneus. Pour cette même localité, une foule immense a été observée devant la commune engendrant même la coupure de la circulation durant un certain moment.

Même scénario à Androndra, Itaosy, Nanisana ou encore à Ankadikely Ilafy. Lors de ses déplacements, le chef de l’Etat a donné des directives pour que tous les foyers puissent en bénéficier, surtout les plus vulnérables. Mais au niveau des fokontany, les consignes sont clairs car ils ne doivent prendre que la liste des foyers nécessiteux qui n’ont pas pu bénéficier du “tosika fameno”.

Une foule immense a été observée dans tous les points de distribution du “sosialim-bahoaka”.

Jusqu’à présent, l’Etat ne dispose d’aucune stratégie claire par rapport à la distribution de ces aides d’une enveloppe de 72 milliards d’ariary. Pour Antananarivo, le nombre de bénéficiaires serait de 200 000 foyers mais qu’en-est-il des autres localités du pays, sachant que le covid-19 touche actuellement 21 régions. Par ailleurs, aucun critère clair concernant la « vulnérabilité » n’a été également fournie par les autorités, ce qui explique ce désordre total.

Rien d’étonnant si les doléances fusent de toutes parts car la crise sanitaire met désormais en difficulté tous les foyers, y compris ceux qui étaient dans la catégorie de la classe moyenne auparavant. L’objectif du “sosialim-bahoaka” est de permettre aux ménages de tenir un mois mais l’avenir reste encore incertain pour les 25 millions d’habitants du pays. A rappeler que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà prévenu le monde entier que cette pandémie sera très longue.

 

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