Société

Esplanade Analakely: Effacer les traces du précédent maire?

La CUA veut démolir et mettre à la rue les commerçants qui occupent les boxes commerciaux de l’esplanade pour finalement y construire un autre centre commercial. Une priorisation incomprise sachant que beaucoup d’autres quartiers de la capitale ont grand besoin de ce genre d’investissement.

S’agit-il simplement d’effacer à tout prix les traces du précédent maire de la capitale?  Difficile de ne pas se poser cette question après avoir entendu que le maire Naina Andriatsitohaina veut simplement reconstruire un nouveau centre commercial à la place des boxes commerciaux d’Andohan’Analakely.

Le maire veut donc démolir des infrastructures qui ont coûté cher à la mairie et priver de gagne pain des centaines de famille pour finalement y construire à peu près la même chose. Pire, le bâtiment à étages qu’il veut y construire va détonner avec le paysage urbain des vieux pavillons qui étaient d’ailleurs une des raisons du choix d’architecture des boxes récemment bâtis.

Malgré les appels de détresse lancés par les propriétaires des pavillons sur l’esplanade Analakely, le premier magistrat de la ville, Naina Andriantsitohaina semble donc être plus que jamais décidé à  démolir leurs boxes. Dans la lettre de préavis reçue par les occupants de ces pavillons, il y a quelques jours de cela, il a été tout simplement indiqué qu’ils doivent plier bagages pour motif d’intérêt général. Ce n’est que maintenant, lors d’une cérémonie de remise de dons à l’hôtel de ville, qu’il a communiqué le motif.

La CUA veut donc démolir un marché qui existe déjà alors que de nombreux quartiers de la capitale en ont grandement besoin. Si la mairie peut donc investir, pourquoi ne pas le faire ailleurs ? Une affaire qui rappelle le projet “Tanamasoandro” qui voulait détruire la source de revenu de milliers de familles pour un projet immobilier.

Ainsi, une quarantaine de commerçants seront délogés de cette place d’ici trois mois, selon la lettre de préavis de la CUA. Ils ont déjà saisi le tribunal pour cette affaire car bon nombre d’entre eux ont effectué un prêt bancaire pour pouvoir construire les infrastructures qui étaient à leurs charges.

Avec la crise sanitaire qui sévit dans le pays, certains boxes n’ont même pas pu ouvrir leurs portes depuis que leurs propriétaires aient achevé les travaux de constructions. Ils ont déjà demandé une mesure d’accompagnement pour ne pas grossir le rang des marchands de rue mais n’ont obtenu aucune réponse favorable venant de la CUA.

La convention de partenariat avec la CUA date du 29 décembre 2016 avec une durée de dix ans. C’est justement ce genre de décision et l’absence d’une véritable continuité de l’Etat qui rend risqué voire très périlleux les investissements à Madagascar. Jusqu’ici, ce sont généralement les investisseurs étrangers qui sont les victimes mais cette fois-ci, il s’agit des Malgaches qui ont simplement eu la malchance d’avoir signé des contrats avec un autre maire.

 

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