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Vers un enseignement à deux vitesses dans les écoles publiques

Les EPP et CEG « Manara-penitra » seront donc réservés uniquement aux "élites". Les enseignants seront aussi triés sur le volet. Un système qui risque d’instaurer un enseignement à deux vitesses dans les écoles publiques. 

« Excellence ». C’est désormais le critère d’accès dans les établissements scolaires publics. Cette sélection s’applique surtout dans les infrastructures dites « manara-penitra ». C’est ce que le ministre de l’Education nationale, le Dr Marie Michelle Sahondrarimalala a évoqué durant l’inauguration de l’EPP-CEG « manara-penitra » Soamandrakizay.

Cette annonce a affolé la toile et les réactions fusent de partout. Certains ont indiqué que le fossé entre l’excellence et la médiocrité ne fera que se creuser alors que l’Etat mise sur l’éducation pour tous. Pour d’autres, les écoles publiques sont faites pour tous les élèves malgaches et aucune discrimination ne doit être faite quelles que soient les raisons.

Quid de l’égalité des chances donc pour les enfants malgaches qui font des études dans les écoles publiques? Puisque pour être excellent et figurer parmi les élites, l’enfant devrait normalement évoluer dans un milieu favorable comme avoir mangé convenablement avant d’aller à l’école, faire des études dans des salles de classe “acceptables” ou évoluer sereinement au sein d’une famille qui lui permet d’être serein, etc.

Malheureusement, beaucoup d’enfants n’ont pas la chance de vivre dans ces conditions et leurs études en sont évidemment affectées. Auront-ils la chance un jour d’aller étudier dans ces écoles Manara-penitra? Cette méthode ne risque-t-elle pas d’instaurer un système éducatif à deux vitesse?

Pour les enseignants interrogés à ce sujet, ce test de niveau ne fera qu’encourager les élèves à se surpasser et à figurer dans la liste des admis dans ces établissements. Mais la différence réside au niveau des infrastructures et des équipements qui font appel à la nouvelle technologie comme l’utilisation du tableau interactif.

“Contrairement au tableau noir habituel, ce tableau interactif permet d’apprendre les cours de manière ludique. Qui ne veut pas étudier dans un tel environnement mais pour y parvenir il faut avoir de bonnes notes au test de niveau” selon Hanitra Ratsimba, une enseignante dans un Collège public. D’après le chef Cisco d’Atsimondrano, Arsène Ramananjatovo, ce test de niveau n’est pas une grande première car toutes les classes intermédiaires sont contraintes de passer ce test à chaque rentrée. « Il est organisé en fonction de l’effectif dans chaque classe. Les élèves issus des écoles privées transférées dans les écoles publiques sont obligées de le faire », a-t-il souligné.

Pour ne pas raviver la polémique, le ministère de l’Education nationale s’abstient de tout commentaire à ce sujet. Un responsable auprès dudit ministère a tenu à souligner que ce test de niveau n’est pas uniquement réservé aux élèves des établissements scolaires publics pour accorder une égalité de chance à tous les enfants. C’est d’ailleurs le cas pour cette nouvelle rentrée 2020-2021 . 7738 élèves sont ainsi admis dans les quinze établissements “manara-penitra” qui sont déjà opérationnels. Il faut aussi souligner que ce ne sont pas uniquement les élèves qui doivent passer le test mais les 240 enseignants affectés dans ces établissements ont été également passés au crible.

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