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Facilité élargie de crédit: L’Etat doit encore “rendre des comptes” au FMI

L'accord de principe sur la Facilité élargie de crédit que pourra bénéficier Madagascar attend encore l'approbation du conseil d'administration du FMI. Auparavant, les autorités malgaches doivent justifier l'utilisation des aides d'urgence que cette institution avait versé pour la Grande île, l'année dernière.

L’Etat doit encore rendre des comptes au Fonds monétaire international (FMI) pour espérer bénéficier des 320 millions de dollars prévus dans l’accord de principe sur le programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC). Cet accord est non seulement subordonné à l’approbation du conseil d’administration de cette institution financière, mais il attend également des “assurances de financement nécessaire”.

Le représentant du FMI, Marc Gérard, a justement apporté des éclaircissements sur ce dernier point lors d’une visio-conférence avec quelques journalistes. Comme cet économiste l’a rappelé, le FMI avait accordé des aides d’urgence sans conditionnalité l’année dernière. Ces aides étaient prévues combler les besoins de financement et à soutenir les mesures d’atténuation de la crise. Le gouvernement malgache s’est engagé à publier les données sur l’exécution budgétaire. Malgré les efforts déjà déployés, ce travail n’est pas encore achevé.

“Parmi les dépenses, dont on trouve les détails sur le site du ministère des Finances, nous voulons savoir quelles sont celles qui ont été effectivement allouées à la lutte contre les conséquences de la pandémie. Des dépenses correspondant à 3% du PIB ont été publiées mais nous ne savons pas encore si elles ont été réellement consacrées au soutien à l’économie, à l’allègement des difficultés financières des ménages. Nous voulons également savoir combien ont été allouées aux secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé, l’eau et assainissement”, explique-t-il.

Les autorités malgaches et le FMI se sont parallèlement mis d’accord sur des mesures et objectifs de développement économique dans le secteur de l’énergie, le secteur pétrolier aval ou encore dans le domaine de la gouvernance. “Notre équipe a rédigé un rapport sur la base de ces discussions. Nous allons le soumettre à nos départements de revue en interne, pour qu’ils puissent vérifier que ce qui a été décidé est conforme aux bonnes pratiques au sein du FMI”, a-t-il indiqué.

Le conseil d’administration du FMI prévoirait de se pencher sur le dossier de Madagascar vers la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril. Marc Gérard se dit optimiste pour le pays. Ce FEC qui attend validation s’inscrit dans la lignée du même programme qui s’est achevé en 2019. Les sujets fondamentaux, comme la mobilisation des recettes publiques, la situation des sociétés d’État ou l’exécution des dépenses publiques seront tenues en compte. Le nouveau FEC apportera cependant des innovations qui prennent en considération le contexte actuel.

“Le nouveau programme vise à reconstituer un espace budgétaire pour les dépenses et les investissements sociaux indispensables, à faire progresser le programme de réformes structurelles, y compris le renforcement du cadre monétaire et de la surveillance financière, et à améliorer la gouvernance. Il est aussi attendu que l’appui financier du FMI contribue à stimuler les investissements du secteur privé et à catalyser le soutien financier des partenaires du développement”, précise Marc Gérard.

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