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Chômage de masse à Toliara: La réclamation de la réouverture de Base s’amplifie

Le problème du chômage de masse handicape le développement de Toliara. Beaucoup estime que la réouverture de Base peut régler une partie de ce problème.

Le choix est déjà claire pour Toliara. Sénateur, associations, employés licenciés, communautés touchées par le projet, bref, la grande partie de la population de ce chef-lieu de la région Atsimo Andrefana réclame la réouverture de Base. Ils attendent l’accord du Chef de l’Etat. Cette compagnie, même réduite en silence, a en tout cas trouvé des alliés solides pour plaider pour sa cause.

Durant la présentation des deux sénateurs pour la province de Toliara, par exemple, une des journalistes sur place avait rapporté l’euphorie générale des milliers de personnes qui avaient répondu à la question du sénateur Marcel Eogombelo. Ce parlementaire leur avait demandé s’ils sont pour la réouverture de base et l’assistance lui a répondu unanimement “oui”. Ce sénateur avait ensuite expliqué lors d’une conférence de presse que la priorité pour parvenir au développement de Toliara est la création d’emploi.

“Le Président de la République a promis plusieurs grands projets, comme la cimenterie prévue être installée dans l’Atsimo Andrefana. Des grands projets, comme celui de Base Toliara, constituent un levier de développement pour cette région”, lance-t-il.

La plateforme des associations œuvrant pour le développement de Toliara (VFMT) y adhère. Cette localité ne devra plus demeurer un cimetière de projet, et ceux qui peuvent la sortir de la pauvreté devraient être appuyés. “Quelques entreprises ont auparavant permis de nourrir plusieurs foyers mais elles ont fermé. Des projets sur lesquels la population ont mis tous leurs espoirs, comme Base, restent en suspens. Il faut que ces problèmes soient réglés”, lance le vice-président de la VFMT, Andriamihajamanana.

Depuis la suspension de ce projet minier, au moins une cinquantaine de salariés de cette compagnie ont été licenciés au mois de décembre dernier. Ces derniers viennent ainsi de grossir les rangs des chômeurs de Toliara et ont du mal à joindre les deux bouts. “Je n’ai plus les moyens pour nourrir ma famille. Il m’est difficile de parvenir à assurer la scolarité de mes enfants, tout comme leurs frais médicaux en cas de maladie. Aussi, je demande au Président de la République de considérer notre situation et de lever la suspension de ce projet pour nous permettre de travailler de nouveau”, interpelle Masy Zafimitsiry, une employée de Base qui avait été licenciée.

La même demande a été formulée à Ranobe, le fokontany qui est impacté directement par ce projet minier. Plusieurs chantiers comme la construction de 96 nouveaux tombeaux, des puits, des infrastructures sanitaires et scolaires ont été abandonnés à cause de la suspension surprise de ce projet, décidée par l’Etat. Davy, le président du fokontany de Ranobe interpelle également le Chef de l’Etat. La population de Toliara a d’ailleurs besoin d’emplois stables et pérennes.

Le chômage frappe la jeunesse et touche les plus âgés dans la Ville du Soleil. Le nombre des sans-emplois ne cesse de croître à un rythme effréné alors que les offres sur le marché du travail se font de plus en plus rares. “C’est le moment d’agir pour éviter que la situation dégénère. Le kere frappe le Sud du pays et Toliara n’en est pas épargné. Or nous n’avons pas les moyens pour y faire face, faute d’activités génératrices d’emplois. La montée en flèche du chômage ne fait pourtant qu’aggraver l’insécurité”, lance Andriamihajamanana du VFMT.

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