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Projet minier : Pression pour une prise de décision de l’Etat sur Base Toliara

Marcel Eongobelo pour la reprise de Base Toliara.

“Que l’État se prononce. Ça aura au moins le mérite d’être clair pour tout le monde”. Le propos est du sénateur élu pour la province de Toliara, Marcel Eogombelo, qui appelle l’État à trancher sur le cas du projet Base Toliara, suspendu depuis plus d’un an maintenant. Cette décision est attendue, non seulement du côté des personnes qui sont favorables à ce projet mais également du côté de ceux qui s’y opposent. Pour les sympathisants de Base dans la Cité du soleil, l’attente est déjà longue. Elles seraient au moins plus de 300 associations à avoir interpellé ce sénateur pour la reprise des activités de cette compagnie. Ce parlementaire indique même avoir été sollicité par des milliers de jeunes et des entrepreneurs pour cette cause.

« C’est la voix de la population que je rapporte. N’attendez pas qu’ils descendent dans les rues pour prendre une décision », lance-t-il.

Pour Mana Parfait, membre du Collectif des notables de la région Atsimo Andrefana, il est surtout question d’urgence. Il rappelle que cette région avait été déclarée en situation d’insécurité alimentaire et son économie présente une vulnérabilité inquiétante. « La précarité de la condition de vie de la population s’est amplifiée avec la crise sanitaire. Les projets, comme celui de Base, apporteront un souffle post-covid », a-t-il soulevé.

Mana Parfait

Pas question cependant de fléchir du côté du camp adverse qui militent pour l’arrêt définitif du projet même si les arguments manquent visiblement de preuves concrètes. Le Colonel Rehosy Rodney Fanampera martèle que ce projet n’apportera rien de bon pour Toliara. Il estime que ce n’est pas seulement le secteur minier qui peut apporter le développement pour cette région. « Pourquoi insister sur un secteur qui pourra conduire à notre perte. Cherchons d’autres moyens pour y parvenir, en misant par exemple sur la mécanisation de l’agriculture. Aidons les paysans à travailler les vastes périmètres inexploités », suggère-t-il sans pour autant avancer de solution sur les sources d’investissements ainsi que sur la manière de résoudre les problèmes à court terme des habitants.

Rehosy Rodney Fanampera

Il s’appuie également sur la déclaration de la CRAAD-OI et du Collectif Tany dans un communiqué en date du mois de septembre 2020. Ce document sur lequel il s’est référé soulignait que « l’obtention irrégulière, donc illégale, des permis miniers et environnemental du projet Base Toliara, les risques de corruption liés à une telle irrégularité, ainsi que la gravité des impacts irréversibles de ce projet sur les droits humains fondamentaux des communautés concernées, ne permettent en aucun cas d’envisager une quelconque négociation concernant la reprise de ce projet, et devraient constituer un motif irréfutable pour son arrêt définitif».

Mais pour Mana Parfait, ce sont des arguments non fondés. Il parle même de « sabotage économique ». Il demande ainsi à ce que le sujet soit amené sur la table des discussions en présence des deux camps. Comme lui, le sénateur Marcel Eogombelo invite également les opposants à ce projet à un face-à-face pour justifier les positions des deux camps. La balle est cependant dans le camp de l’Etat depuis bien longtemps. Celui-ci semble bien inerte par rapport à ce sujet. Or, Toliara a déjà commencé à montrer son impatience.

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