Crise du Covid – Nouveau scandale: Plus de 800 milliards d’ariary de subvention versés à la Jirama

Plusieurs centaines de milliards d'ariary auraient été affectés à la Jirama, à titre de subvention. Une énorme manne financière dont l’utilisation reste finalement floue et mérite la transparence.

Un montant ahurissant. La Jirama aurait bénéficié de 806 milliards d’ariary, sur un engagement de 866 milliards d’ariary, à titre de subvention, en 2020. Cette affection faramineuse figure parmi les dépenses liées directement ou indirectement à la gestion du Covid19, rapportées par le ministère des Finances (MEF) dans son rapport sur la transparence budgétaire et financière liée à cette pandémie.

Si on se réfère aux états global de ces dépenses livrés par le MEF, arrêté au 11 janvier 2021, la subvention de la Jirama constituait plus de la moitié de ces dépenses. Sur un engagement total de 1524 milliards d’ariary, 866 milliards étaient destinés à la compagnie nationale. 555 milliards d’ariary étaient engagés dans les dépenses “spécial covid”, 42 milliards d’ariary pour les Vary mora, 24 milliards d’ariary pour la subvention Fram, 19 milliards d’ariary pour les indemnités et 15 milliards d’ariary pour les dépenses à caractère social que sont les frais médicaux.

Ces informations sont encore provisoires selon le MEF. Ce ministère indique qu’elles se mettront automatiquement à jour au fur et à mesure de l’obtention de la validation des données par les organismes publics ayant exécuté ces dépenses. En tout cas, avec quoi l’État justifie-t-il cette répartition ? C’est la question que se posent ceux qui ont déjà feuilleté ce rapport. Il faut également se rappeler que les responsables de la Jirama avaient indiqué n’avoir eu besoin que 170 milliards d’ariary de subvention en 2020. Si les 806 milliards d’ariary étaient d’ailleurs versés, en quoi cette enveloppe aurait donc été dépensée ? Les responsables concernés sont appelés à y apporter les réponses.

Du cinéma autour des tarifs Optima ?

La presse n’est pour le moment pas en mesure de livrer des détails sur l’utilisation de la subvention que la Jirama aurait bénéficié durant cette crise. Coïncidence toutefois, cette question de subvention est au centre des actualités, depuis la semaine dernière. Le conseil des ministres du 20 janvier insistait que cet appui, dont le montant n’a pas été mentionné, devra permettre à la société d’État de baisser ses tarifs ou, du moins, de les maintenir. Or, ça n’a pas été le cas. Bien que subventionnée, la Jirama a quand-même procédé à une optimisation tarifaire depuis le début de cette année.

Pour la compagnie nationale, il s’agit d’une des initiatives permettant de réduire son dépendance sur l’appui de l’État et est d’ailleurs déjà prévu dans son plan de redressement. Mais ce qui n’a pas été dit c’est que l’Optima est surtout un des engagements du gouvernement malgache qui lui a permis de bénéficier d’un appui budgétaire d’un montant de 75 millions de dollars, de la part de la Banque mondiale au mois de septembre. L’engagement numéro 6 dans le cadre de cette opération est “une nouvelle politique de raccordement électrique et de tarification au profit des populations vulnérables”, a indiqué cette institution financière dans un communiqué y afférent.

L’optimisation tarifaire n’est donc en aucun cas une décision unilatérale de la Jirama. Le Conseil d’administration de cette compagnie compte d’ailleurs parmi ses membres des représentants de l’État, dont un issu de la Présidence qui assure même la fonction du PCA. Celui-ci doit normalement rendre des comptes, auprès de l’institution qu’il représente, à chaque décision prise par la Jirama.

Ainsi, l’ultimatum de 48 heures, le fait de gronder le DG de laJirama en public s’apparenterait à du cinéma. D’ailleurs, le nouveau système de tarification est-il abandonné? Apparemment non puisque aucune annonce officielle pour ce renoncement n’est fait jusqu’à ce jour par Vonjy Andriamanga qui ne semble pas être inquiété outre mesure sur son avenir à la tête de la société.

 

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