Politique

Entre le marteau et l’enclume ?

Les statistiques s’affolent inexorablement. La deuxième vague de coronavirus prend une montée inquiétante bien que la communication du gouvernement reste modérée. Quelle stratégie adopter pour éviter une hécatombe?

L’Etat continue tant bien que mal à contenir la pandémie, les incivilités et la nonchalance de certains citoyens n’aident pas. Choisir un confinement général pour stopper au plus vite la vitesse de la contamination ou laisser la vie se dérouler normalement en essayant de toujours sensibiliser les compatriotes ?

Un confinement, tout le monde l’admet, reste la dernière solution à prendre, mais l’on ignore quel sera donc le seuil? Les conséquences d’un confinement général, au-delà des incommodités qu’il apporte à la vie de tous les jours, demeurent chaotiques pour l’économie et le social, l’Etat ne pouvant pas toujours procéder à la distribution massive des aides sociales avec ces dénominations à n’en plus finir. L’économie, quant à elle, accusera certainement des pertes colossales pas facile à redresser. Le gouvernement se trouve dans une situation encore plus complexe que celle de l’année dernière, qui plus est, l’opposition réclame comment il a géré les fonds alloués pour la lutte anti-covid. Jusqu’ici pas de détails précis divulgués pour apaiser la conscience des opposants. Alors que dangereusement, l’épidémie gagne de plus en plus du terrain.

Fait étrange, la communication gouvernementale sur la situation reste très précaire. La publication quotidienne des statistiques sur la télé et la radio nationales se présente comme une information expéditive, la lecture des chiffres exécutée en cinq, 10 minutes. Les mesures annoncées à faire respecter par les transporteurs restent une lettre morte. Dans la rue, les gens qui ne portent pas convenablement leur masque ne craignent rien. La réalité est pire dans les ruelles des fokontany. La sensibilisation se trouve monotone car non renouvelée. La désinvolture gagne beaucoup de gens, bon gré mal gré, la résignation pour certains. L’Etat est comme distant face à la montée en puissance du nombre de décès, de malades, et au manque de matériels dans les centres de santé, etc.

Le choix est cornélien mais en tant que premiers responsables de la Nation, nos dirigeants doivent décider en un temps record ce qu’il convient le mieux pour le pays. Les partisans du confinement soutiennent que c’est le seul moyen de réduire au moins à moitié la circulation du virus, une manière de réduire la vitesse de la transmission, et que sans cela, les statistiques seront terrifiantes dans un mois. Par contre, les anti-confinement ne voudraient plus y revenir car chaque famille en souffrira, selon eux. Le chômage guette, le petit travail de tous les jours risque d’en pâtir, l’économie en général cessera son épanouissement et s’asphyxiera. Les dégâts seront innombrables.

Le débat sur le vaccin est un faux débat car, tôt ou tard, le pays adoptera ce moyen médical pour contrer la propagation du virus. Le seul problème pour les dirigeants sera de mettre en œuvre la réalisation technique et matérielle de cette campagne de vaccination libre : les matériels frigorifiques, le personnel habilité à administrer le vaccin, la conservation, l’acheminement, mais surtout le suivi de chaque vacciné suivant le protocole requis.

L’hiver tropical va pointer son nez. Les Malgaches attendent une solution de l’Etat, une stratégie bien ficelée. Car, on s’en rappelle, l’année dernière, alors que le pays n’en avait que quelques cas positifs, le gouvernement a présenté une structure opérationnelle sous l’égide d’un état d’urgence sanitaire, avec une communication clinquante et dimensionnelle…Cette fois-ci, la lutte est plus âpre, et l’Etat se trouve dans une situation très délicate.

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page