2021: année de toutes les inquiétudes

A défaut d’une stratégie et d’une vision claires de l’Etat, le pays et la population sont dans l’incertitude totale pour la suite de cette année 2021. Plusieurs scénarii sont possibles et le gouvernement ne donne aucun signe palpable d’y être déjà préparé.

Jamais une nouvelle année n’a commencé avec autant de pessimisme que cette fois-ci. Et pour cause, avec la pandémie, le pays et le monde vivent dans un contexte exceptionnel qui devrait normalement nécessiter des mesures exceptionnelles. Et pourtant, nos dirigeants semblent élaborer leur politique comme si de rien n’était et parlent de stratégie de développement comme si cette pandémie n’a jamais existé. Pour l’heure, la construction d’infrastructures constitue l’ossature des perspectives qui attendent cette année alors que des milliers d’entreprises sont au bord de l’asphyxie totale, des millions d’emplois menacés, le système financier fragilisé, les prix des PPN s’envolent et pour couronner le tout, une crise humanitaire couve dangereusement avec des foyers de tension dans plusieurs secteurs.

L’Etat, à l’heure actuelle, est incapable d’apporter des réponses claires et rassurantes sur les questions qui inquiètent au plus haute point tous les Malgaches. Que se passera-t-il si les nouvelles contaminations au Covid-19 explosent à nouveau et qu’une deuxième vague sévit comme c’est le cas en Europe ? Quelle stratégie appliquons-nous réellement pour éviter que cela arrive? Comment l’Etat compte-t-il aider les entreprises si la crise actuelle perdure, si elles vont devoir à nouveaux recourir au chômage technique, partiel ou total ? Quel instrument existe-t-il pour les entreprises du tourisme pour affronter cette situation ? Jusqu’où l’ariary va-t-elle dégringoler et comment l’Etat compte renverser la tendance ? si l’économie continue à tourner ainsi au ralenti, qu’en sera-t-il de la recette publique ? Comment le gouvernement va pouvoir renflouer ses caisses et le paiement des salaires des fonctionnaires sera-t-il toujours garanti ? Et pour ce dernier point justement, les aides budgétaires qui doivent aider le « fanjakana » à tourner ne sont plus débloquées depuis des mois, que se passe-t-il? Jusque quand l’administration peut-elle tourner sans ces aides budgétaires ?

Sans oublier évidemment le problème de la sècheresse qui touche des régions du pays, principalement les Hautes terres. La situation est déjà plus qu’alarmante dans de nombreuses localités avec les rizières qui sont complètement à sec, mettant en péril les moyens de subsistance de milliers de familles. Sans la prochaine récolte, c’est la famine qui guette ces ménages qui cultivent notamment pour subvenir à leurs besoins alimentaires pour toute l’année. C’est un problème majeur et immédiat qui, pour l’instant, n’a fait l’objet d’aucune intervention de la part des têtes de l’Exécutif.

Bref, c’est à tous ces problèmes immédiats et de grand ampleur que l’Etat devrait d’abord s’atteler en priorité et consacrer ses ressources. Se tenir prêts à toutes les éventualités à travers des stratégies déjà bien en place et les moyens qu’il faut. C’est uniquement en montrant et en prouvant que Madagascar est prêt qu’il pourra rassurer l’opinion et relancer la consommation et l’économie. Ce qui est encore loin d’être le cas.

Exit mobile version