Politique

Stratégie des pro-régime: En diabolisant l’opposition, le pouvoir s’accuse lui-même

Les tenants du régime sont visiblement hantés par ce qu’ils ont perpétré en 2009 : un coup d’Etat honteux. On comprend si la paranoïa s’installe progressivement.

Ce qu’ils ont fait en 2009 les hante tellement qu’ils prêtent à l’opposition la même intention. Dès le début du mouvement Miara-manonja, les pro-régime, composés notamment des membres du parti TGV et de la Coalition Mapar, n’ont cessé de marteler que les partisans de Marc Ravalomanana et les membres du RMDM ne souhaitaient que renverser le régime, créer des troubles, et faire obstruction aux actions de développement. Des discours un peu réducteurs qui ne militent pas en faveur d’un apaisement, une action en mode « pompiers qui attisent le feu ».

La stratégie est ainsi claire. Déformer les véritables intentions de l’opposition, les diaboliser à tout-va. Cela a marché, en partie, car le RMDM a décidé de transformer son mouvement en « lutte contre la dictature », suite à la velléité des gouvernants de mâter toute action liée à l’exercice de la liberté d’expression dans la rue, pourtant un droit reconnu universellement, avec comme conséquence l’arrestation des partisans de l’opposition dont on ignore de quoi ils sont vraiment accusés.

Diaboliser l’opposition, c’est l’objectif du régime pour l’anéantir progressivement. Transformer la liberté d’expression en « volonté de provoquer des troubles », traduisez « fanakorontanana », c’est le leitmotiv des gouvernants actuels pour faire face aux assauts du mouvement Miara-manonja. Avec le discours du genre «ce n’est plus le moment de créer des troubles », les partisans du régime réorientent la « lutte » vers un dénigrement insensé, rappelant ainsi les échauffourées de 2009, les pillages et les actes de vandalisme créés par des groupes de gros bras à la solde du mouvement orange de l’époque.

Sans le savoir- ou fermant les yeux – les partisans du Mapar renient leur propre « lutte » de 2009 en accusant l’opposition de rééditer la même chose. En descendant le Miara-manonja à coups de « mpanakorontana» (fauteurs de troubles) ou de « fahavalon’ny fandrosoana » (ennemi du développement), les partisans du régime, ne font que discréditer leur propre « révolution » de 2009.

C’est une manière pour eux de dissimuler cette envie de faire obstruction à toute velléité de s’exprimer ou de manifester dans la rue. Pourtant en 2009, le taux de croissance de Madagascar était en bonne voie, l’Ile ne se trouvant pas à l’avant-dernière place des pays les plus pauvres comme aujourd’hui. Obnubilés par le “privilège” de diriger le pays, les gouvernants actuels n’arrivent plus à faire preuve de discernement. Revigoré par l’appui institutionnel des Forces de l’Ordre, le pouvoir avance et continue à discréditer l’opposition, et s’il le pouvait, il musèlera à outrance cette dernière, quitte à fermer toutes ces stations télés qui diffusent le Miara-manonja au quotidien. S’il le pouvait.

Réduire l’opposition au rang des « debaters » de bas étage ne milite pas en faveur du régime. Et ceci agace les partenaires techniques et financiers de Madagascar qui, dans une forme plus diplomatique et plus institutionnelle, s’alignent aussi sur l’opinion de l’opposition, laquelle a déjà dénoncé tous les dysfonctionnements sur la gestion des budgets et aides financières au profit de Madagascar. Qui plus est, certains hauts responsables actuels tiennent tristement des propos frisant le ridicule, donnant aux débats politiquesactuels l’image d’un combat de coqs qui ne veulent pas perdre leurs crêtes dans un …gallodrome.

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