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Antananarivo: Fracture sociale ?

La capitale n'est pas sortie de l'auberge. Malgré les récriminations sur la gestion de l'ancienne équipe à la mairie, on constate actuellement que la situation n'évolue pas dans le bon sens. 

On avait beau dénoncer les faiblesses de la gestion de l’ancienne Maire de la capitale de Madagascar, Lalao Ravalomanana, durant ses cinq années de mandat. On a détruit son humble personnalité durant la campagne électorale des communales à Antananarivo et on l’a même accusée d’être seulement la marionnette de son mari. On l’a accusée de tous les maux « parce qu’elle était incapable de lancer ses propres projets pour la ville d’Antananarivo », tout en subissant les manœuvres dilatoires du régime Rajaonarimampianina qui ne lui avait pas facilité la tâche. Pas de subvention, pas de collaboration franche. Etrangement, elle manque à bon nombre de gens aujourd’hui. Etrangement, on regrette son dévouement de choisir d’être aux côtés des «faibles», des «marefo», si l’on s’en tient au vocabulaire utilisé par son successeur durant la campagne électorale des communales. Et Etrangement, d’aucuns estiment que si elle avait les moyens, Tanà serait une ville plus humaine, plus accueillante. Tout simplement parce qu’aujourd’hui même, les déchets et ordures s’amoncellent toujours à Tanà, les mêmes infrastructures restent en t’état, pire, certaines installations ont été détruites…

Ces derniers mois, Antananarivo a vécu des « conflits » qui, substantiellement, a rendu la confiance entre le nouveau Maire et une partie de la population plus fragile. Des conflits déjà au niveau de la Commune Urbaine même par le fait que le nouveau venu ne dispose pas d’une majorité suffisante pour «régner» à sa guise, obligé toujours de trouver des moyens un peu rocambolesques pour faire passer les décisions au sein du Conseil municipal.

Puis, les nouveaux dirigeants de la ville, au lieu de lancer depuis 10 mois, leurs projets de développement de la capitale et les grands travaux annoncés à cor et à cri pour appâter les électeurs se sont plutôt adonnés à définir les contours d’une série de recouvrements de recettes jugées «impopulaires», un fait que la population, sortie d’un confinement, vivant le chômage technique, et lassée par le faible pouvoir d’achat, ne digère pas.

Il y a une fracture sociale dans l’air. Une fracture sociale qui fait qu’une certaine catégorie de citoyens se sentent exclus. Exclus du processus de développement, exclus de l’organisation. Leur crainte se traduit par ce sentiment d’être profilée comme une vache à lait plutôt qu’un adhérent au processus collectif de développement. Une telle fracture montre bien le fossé entre les dirigeants de la ville et une grande partie des habitants la ville. Même les propres électeurs de Mapar commencent à avoir des doutes, pris au dépourvu par la tournure des événements.

Consciente d’un tel danger dont l’intensité s’inscrit dans les publications des réseaux sociaux, la CUA essaie de tenir bon, mais obligée, des fois, à reculer et à reporter ses décisions. Les annonces des prochains grands travaux restent des annonces. Pas la moindre pose de première pierre. L’adhésion de la population chancèle, hésitante, tellement les situations de conflit se multiplient de plus en plus, l’image et la réputation de la CUA dégringolent, parce qu’on la connaît plutôt comme une entité qui démolit, en raison de ces destructions et démantèlement des installations appartenant à des marchands, plutôt qu’en tant que bâtisseur. Le chemin qui attend le nouveau Maire est encore loin, et il se rend certainement compte de ce que Lalao Ravalomanana a vécu.

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