Politique

Assemblée nationale: Les députés TIM s’insurgent contre l’adoption expéditive du budget 2021

Les députés ont bouclé l’examen et le débat sur la Loi de finance initiale 2021 en quatre jour au total. Le document ne reflète ni les dispositifs de relance économique, ni l’équilibre des dépenses-recettes.

Les députés du parti Tiako i Madgasikara (TIM) ont convoqué la presse tard dans la soirée vendredi. Et pour cause, les députés de la majorité s’apprêtaient à voter la Loi de finances 2021 qu’ils qualifient de « trahison envers le peuple ». Maitre Hanitra Razafimanantsoa qui était le porte-parole de ces élus pour l’occasion était particulièrement remontée, d’abord sur la manière dont les discussions et surtout les prises de décision s’étaient déroulé et surtout par rapport au contenu du texte sur lequel repose l’avenir du pour l’année qui arrivée.

«Tout a été bâclé, y compris les travaux de commission et toutes les décisions sont centralisées au niveau du président de la République et le ministre des Finances n’est qu’un simple exécutant et répond toujours qu’il doit se référer au chef de l’Etat à chaque question. Toutes les négociations autour de ce projet de loi y compris le budget de l’Assemblée nationale se faisaient à Mahazoarivo ou à Iavoloha et tous les députés se sentaient écartés mais, évidemment, sous la pression, ceux de la majorité sont obligés de se plier aux consignes», révèle maitre Hanitra Razafimanantsoa. « Voilà pourquoi nous ne voulons pas être des complices de cette trahison et n’ont pas participé à ce vote », poursuit-elle.

Mais outre la forme de son adoption, c’est surtout par rapport à son contenu que les députés TIM crient au scandale. D’abord, concernant l’équilibre entre la recette et les dépenses qui devrait être la base même de tout budget. Les prévisions de cette loi de finances 2021 est totalement opaque sur ce sujet, notamment en ce qui concerne l’origine des recettes alors que le recouvrement des taxes et des droits de douane rencontre une difficulté importante à cause de la crise économique née de la crise sanitaire. Par ailleurs, outre quelques départements tels que l’Education, le budget des autres secteurs productifs ont connu une baisse importante. Celui de l’Agriculture, par exemple, connait une coupe de l’ordre de 12% alors que le secteur primaire constitue le pilier de notre croissance.

«Ce projet de loi table sur une croissance de 4,5 % en 2021 alors que nous sommes à -3,8% cette année. Comment allons-nous pouvoir réaliser un tel bond ? C’est une question qui devrait concerner tout le monde mais pas uniquement quelques personnes au sein de l’exécutif  qui font ce qu’ils veulent avec l’argent public», martèlent le député élu du 1er arrondissement.

Le point majeur « oublié » par ce document concerne également la relance économique. Selon Hanitra Razafimanantsoa, toutes les propositions faites par le patronat ont été ignorées. Seules quelques entreprises ou secteurs ont été privilégiés alors que leur pertinence par rapport à la croissance de l’économie et l’amélioration de la condition de vie de la population n’est pas avéré. C’est le cas, par exemple, pour l’importation de blé qui est présenté comme la deuxième base de l’alimentation des Malgaches après le riz et qui va bénéficier d’une exonération de taxe à l’importation. La récente inauguration par le chef de l’Etat d’une minoterie dont le promoteur est plus qu’inconnu au bataillon y est sans doute pour quelques choses.

Bref, encore une fois, aucun débat constructif n’a précédé l’adoption de cette Loi de finances 2021. Et cette fois-ci, à en croire les déclarations de Hanitra Razafimanantsoa, l’Assemblée nationale a tout juste été vraiment relégué au rôle de simple spectateur dans la prise d’une des plus importantes décisions touchant la vie du pays.

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