Coopération: Réunion de la dernière chance entre l’Etat et la Banque mondiale

L'Etat a demandé une rencontre avec la Banque mondiale vendredi pour discuter des différends qui existent entre les deux parties sur l’ajustement tarifaire de la Jirama. Mardi, le ministre des Finances avait déjà annoncé que tout était arrangé.

Richard Randriamandranto aurait-il parlé trop tôt ? Visiblement et contrairement à la déclaration qui se voulait être rassurante du Grand argentier qui disait que “tout est arrangé”, le dossier sur l’ajustement tarifaire de la Jirama semble être encore loin d’être réglé. Une réunion entre l’Etat et des représentants de la Banque mondiale devra encore se tenir vendredi à la demande de la partie malgache. Les autorités malgaches et la Jirama devront apporter à cette occasion sa position ferme et définitive sur l’application du système de tarification Optima qui a déjà été convenue et validée avec ce partenaire technique et financier du pays.

Au mois de janvier, le chef de l’Etat avait demandé publiquement au directeur général de la Jirama de suspendre l’application de ce système qu’il juge comme étant « un facteur de hausse de prix ». La société avait alors annoncé que les factures qui étaient déjà émises allaient être corrigées. Mais cette volte-face des autorités malgaches n’a pas du tout plu à la Banque qui avait menacé de remettre en cause une aide totale de 475 millions de dollars dont l’attribution était liée à l’application de l’Optima. Cette dernière avait alors exigé une clarification écrite et officielle de la position de la partie malgache avant de juger si le dossier Madagascar relatif à ces aides pourra être soumis ou pas pour approbation à son conseil d’administration.

Les ajustements tarifaires sont destinés à assainir la trésorerie de la Jirama  qui est fortement impactée par la crise économique et surtout le gel de prix. Des analyses sommaires effectuées par les experts de cette banque et communiquées d’ailleurs à la Jirama ont pourtant révélé que cette rectification à mi-parcours causerait une perte de revenus conséquente estimée à 11 millions de dollars, par rapport à l’application inchangée de l’OPTIMA. Dans la pratique, les ajustements temporaires du tarif OPTIMA avait concerné d’une part 8750 clients de la Jirama, dont les PME et micro-entreprises. Leur facture avait été calculée avec l’ancien tarif “Force motrice basse tension” (FMBT). Mais même coûteux, cet ajustement est finalement jugé pertinent pour la protection de quelques milliers d’entreprises et d’emplois vulnérables.

La Banque mondiale estimerait par contre que la forte réduction de 50% de la deuxième tranche du tarif économique est en violation de l’engagement n°06 de l’aide budgétaire car bénéficie exclusivement aux clients “les plus nantis” de la Jirama. Cette institution financière serait ainsi en attente d’un plan pour l’augmentation de cette tranche T2 du tarif économique au niveau déjà adopté au mois de juillet 2020. Un engagement écrit aux reformes tarifaires qui devront suivre, notamment des tarifs industriels extrêmement inefficaces, serait également attendu. Reste à savoir si cette réunion de vendredi que certains jugent déjà comme celle de la dernière chance permettra aux deux parties de trouver une entente.

Le président du conseil d’administration de la Jirama, Solo Andriamanampisoa, s’est déjà exprimé sur le sujet, en indiquant d’abord que ce n’est pas encore le moment opportun pour l’application de l’OPTIMA. Il a cependant avancé l’application d’une tranche intermédiaire comme solution. Le directeur général de cette compagnie nationale, Vonjy Andriamanga, pour sa part, a toujours insisté que 77% des abonnés de la Jirama avait bénéficié d’une baisse de factures avec la tarification OPTIMA non révisée. Dans tous les cas, cette prochaine réunion entre les représentants de la Banque mondiale et ceux de l’Etat sera déterminante.

 

Exit mobile version