Couronne de Ranavalona III contre Dais de trône: Flagrant délit de nouvelle manipulation de l’opinion par la communication

Le communiqué présidentiel de mardi n’a fait mention d’un quelconque Dais de trône mais du rapatriement de la couronne de la reine Ranavalona III que l’opinion pensait évidemment être celle disparue il y a quelques années. Au plus haut niveau de l’Etat, cela ne peut être une maladresse ou un oubli mais un flagrant délit de manipulation de la communication en semant volontairement la confusion.

A force de vouloir prendre les Malgaches pour des naïfs, faciles à berner à coups de mise en scène, le régime finit par se ridiculiser tout seul. Dans sa conférence de presse destinée à annoncer de la manière la plus solennelle et officielle possible l’arrivée au pays du Dais de trône de Ranavalona III, le chef de l’Etat avait simplement parlé de la restitution par la France de la couronne de cette dernière reine de Madagascar.

Evidemment, l’existence d’un tel patrimoine en possession de l’ancien pays colonisateur n’étant pas connu par le grand public et en l’absence d’information claire donnée par la présidence, l’opinion a tout de suite fait le rapprochement avec celle qui a été volée à Andafiavaratra il y a quelques années. Si c’était le cas, le régime aurait sans doute réussi un grand coup puisqu’aux yeux de beaucoup de personnes, une couronne a une plus grande valeur symbolique qu’une décoration, même si les circonstances de sa disparition soulevaient tout de suite des interrogations.

Si l’on veut chercher la petite bête, le président aurait pu être accusé d’avoir dit des mensonges en donnant une fausse information aux Malgaches. Au plus haut niveau de l’Etat, de telle maladresse ne peut être toléré et ne peut s’agir d’un simple oubli ou d’incompétence. Un communiqué présidentiel passe ou, en tout cas, devrait passer, par plusieurs étapes de contrôle avant de passer la validation finale. Les moindres détails de son contenu sont donc scrutés de près pour éviter justement que les mots et les tournures de phrases utilisés ne puissent être sujets à des interprétations qui fausseraient les messages à transmettre. Ceci pour dire qu’avoir semé ainsi la confusion est une volonté délibérée de faire croire à ceux qui écoutent de quelle couronne il s’agit.

Il a fallu un communiqué conjoint du ministère de la Communication et de la culture malgache et du ministre français des Armées, représenté par son ambassadeur en poste à Madagascar, pour préciser qu’il s’agit d’un « Dais de trône » qui a sans doute une valeur précieuse en ce qui concerne la souveraineté du pays mais qui n’a rien à voir avec la vraie couronne que Ranavalona III portait sur sa tête, symbole suprême de sa royauté. La pilule avait tellement du mal à passer après la vérité éclate que les moqueries et indignations avaient inondées les réseaux sociaux.  Il a fallu une mobilisation générale d’armée de communicateurs du pouvoir pour expliquer l’importance du « Dais de trône » afin d’effacer cette bourde et réveiller la ferveur populaire. Mais à en voir la relative indifférence dont faisait montre la population malgré la grosse mise en scène qui avait entouré l’arrivée de l’objet, il est clair que le mayonnaise n’a pas vraiment pris. Et l’absence du chef de l’Etat à la cérémonie en dit sans doute long.

En tout cas, le régime devrait peut-être réfléchir à lever le pied sur l’utilisation à outrance de la communication. Ce qui s’était passé à Ambatondrazaka avec l’inauguration du stade inachevé et la présentation de la Route nationale 44 qui est toujours dans un état lamentable alors que la communication faisait croire le contraire aurait déjà dû servir de leçon.

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