Deux ans de gestion : Beaucoup trop de scandales !

La dégringolade du rang de Madagascar sur le plan international ne montre que la face globale d’une situation assez inquiétante prévalant au sein du pays. Les maux qui minent la grande Ile restent sournois et imposants et ils gangrènent le processus du développement déjà en souffrance.

En deux ans de gestion, les « nouveaux » dirigeants font face à de multiples scandales. Déjà au lendemain de l’élection présidentielle très controversée sur le plan politico-juridique, ces derniers ont dû se défaire de cette affaire de « million de doublons », laquelle a empêché ce scrutin d’être floqué d’un satisfecit indiscutable.

Jusqu’ici, personne n’en est sanctionnée, bien que les sénateurs sortants aient pu commencer une enquête sur la question. Ensuite, les affaires remises aux mains du Pôle Anti-Corruption (PAC) de BIANCO, ces derniers mois se sont multipliées. Dont celles liées aux plaintes déposées par le parti APM et celles publiées par Médiapart, concernant l’attribution du marché relatif à l’achat des écrans plats destinés au Centre de Commandement opérationnel contre le Covid-19, concernant le détournement de fonds à la Jirama, ou encore le projet d’achat gigantesque de bonbons sucettes par le Ministère de l’Education nationale à coup de milliards d’Ariary.

Après la covid-19 qui a handicapé le pays durant sept, huit mois, le pays s’efforçait de se relever tant bien que mal mais le phénomène du kere venait noircir encore le tableau. Bien que le pays ait déjà connu ce fléau dans certaines périodes, on aurait pu l’éviter avec plus d’anticipation et de perspicacité. Force est de constater que la réaction du gouvernement s’est avérée un peu trop tard, la sécheresse aidant, on fait face actuellement à un exode important des concitoyens qui fuient la partie sud de l’Ile pour rejoindre le centre ou le nord du pays. Interviewés par nos confrères de télévision privée, ces compatriotes ont révélé qu’ils fuyaient la famine et la misère.  Un scandale de plus qui fragilise de plus en plus l’Etat malgache, surtout qu’un nouveau débat sur la liberté de circuler risque de s’installer.

La liste pourrait être longue mais le plus percutant de ces derniers jours, et qui reste d’actualité, n’est autre que ce scandale relatif au trafic d’or pesant 73,5kg intercepté en Afrique du Sud. Une affaire digne d’un film d’Hollywood qui ébranle en ce moment la crédibilité des responsables administratifs et étatiques de Madagascar.

Beaucoup de zones d’ombre entourent l’affaire, beaucoup d’instances se sont défilées, les uns se déresponsabilisant, les autres se débinant, esquivant toute imputabilité, et on s’est retrouvé avec des explications rocambolesques sans savoir qui est le véritable commanditaire de cette “mission impossible”, à quelques semaines du passage de l‘acteur Tom Cruise à Madagascar.

Le mi-mandat du nouveau régime semble ainsi émaillé de scandales de tout genre. Et comme la covid-19 n’a pas totalement disparu – au contraire – cette pandémie risque de se réinstaller, l’Etat venant de rouvrir le centre de traitement d’Andohatapenaka prêt à accueillir les symptomatiques, la situation risque de se corser encore plus pour Madagascar. Un politicien vient d’émettre une proposition, sur une station de télévision privée de la capitale: il faudrait que les anciens présidents et l’actuel Chef d’Etat se concertent ensemble pour trouver des solutions adéquates aux problèmes actuels afin d’éviter que le pays ne sombre de plus en plus. Une proposition, certes louable, mais difficile à concrétiser. L’orgueil des uns ne se soumettrait certainement pas aux ambitions des autres.

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