Politique

Ethique: L’Etat ne donne pas l’exemple !

L'Exécutif actuel ne suscite pas l'enthousiasme et le soutien, faute de crédibilité notamment sur le plan de l'éthique.

Un Etat respecté reste un Etat fort. Un Etat que l’on a envie de soutenir, d’appuyer. Un Etat envers qui on manifeste son enthousiasme, sa contribution aussi bien matérielle que morale. Un Etat fort rassemble et ne divise pas. Un Etat à qui on exprime de la sympathie, dont on tolère les petits faux pas, et dont on supporte les menus errements. L’Exécutif actuel répond-t-il à ces critères ?

Changer l’histoire de Madagascar, changer l’histoire de l’Afrique, attirer les yeux du monde entier, tels sont, entre autres, les souhaits maintes fois répétés par le Président malgache au fil des mois. Des perspectives trop ambitieuses que ce dernier essaie d’assumer pour ne pas perdre la face. En fait, que fait-il pour y arriver ? Car, on ne change pas l’histoire du pays simplement en installant des infrastructures clinquantes, en détournant les yeux des citoyens vers des réalisations du paraître, ni en déformant les vestiges historiques et culturels de Madagascar.

On ne change pas l’histoire en démantelant des unités industrielles potentiellement utilisables simplement parce qu’elles ont un lien avec son adversaire politique. On ne change pas, non plus l’histoire, en bâillonnant l’opposition qui n’a pas accès aux médias officiels, ni la possibilité de rassembler une foule. Au contraire, on ne fait que perpétuer ce qui constituait déjà les jalons malheureux de l’histoire du pays.

Sur bien de configurations, les gouvernants actuels ne donnent pas l’exemple. Le ministre de l’Intérieur aurait dû faire attention avec cette histoire d’écrans plats destinés au CCO pour préserver l’éthique. Tout comme l’ancienne ministre de l’Education nationale avec cette histoire de bonbons sucettes à coup de milliards d’ariary. Cette éthique manque également aux élus du sérail IRK qui se pavanent dans leurs habits oranges en s’adonnant à des rixes sur la place publique, des élus et des responsables étatiques qui se chamaillent à travers les réseaux sociaux.

Non, les dirigeants de la capitale de Madagascar, eux non plus, ne donnent pas l’exemple en laissant les habitants de la ville patauger dans les montagnes d’ordures des semaines durant. Parce qu’en fait, ils ne font que rééditer ce que leurs prédécesseurs ont commis. Pas de nouveauté, pas d’image inédite. Du déjà vu, du « film efa nandeha ».

Et que dire de ces mouvements de foule ahurissants à Toamasina la semaine dernière après le match des Bareas contre les Ivoiriens au grand dam des plus respectueux des mesures sanitaires contre la Covid-19 ?

Non, l’Etat ne donne pas l’exemple dans le bon sens. Loin de là. Et les internautes sur les réseaux sociaux en ont fait leurs perles. Les caricaturistes s’en délectent, les faux profils vivent de sarcasmes de plus en plus riches, les « limiers de petites bêtes » s’en régalent. On ne change pas l’histoire avec cette série de maladresses, ce manque d’éthique, cette nonchalance abasourdissante. Le coronavirus est toujours-là et sévit sournoisement. Le pays ne pourra plus supporter un nouveau confinement général en cas de deuxième vague, mais bizarrement, on se lâche éperdument. Non, on ne donne pas l’exemple. Comment pourrait-on se développer dans une ambiance pareille ?

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