Politique

Fin de l’Etat d’urgence sanitaire: Un bilan encore flou

On attend le bilan, dont financier, de l'Etat d'urgence sanitaire. Beaucoup de flou persiste.

Rideau pour l’état d’urgence sanitaire. Fini les largesses auxquelles l’Administration pouvait se donner à cœur joie, à satiété, sur le plan décisionnel et concernant les engagements à tout va, résultant de la situation d’exception. Tout devrait revenir à la normale. A la normale. C’est-à-dire, toutes les procédures réglementaires et légales, en matière d’engagement de dépenses publiques, par exemple, devront suivre les étapes « en temps normal ».

L’article 61 de la Constitution, pris comme référence dans le visa des décrets proclamant l’état d’urgence sanitaire tous les 15 jours stipule que « (…) la proclamation de la situation d’exception confère au Président de la République des pouvoirs spéciaux dont l’étendue et la durée sont fixées par une loi organique (…) ». Et chaque décret pris en la matière précise généralement que l’état d’urgence sanitaire est proclamé sur toute l’étendue du territoire de la République de Madagascar pendant une durée de quinze jours, pour des raisons de sécurité sanitaire, de calamité publique et pour permettre le fonctionnement régulier des pouvoirs publics.

Tout redevient ainsi normal. Toutefois, le discours du président de la République, dimanche dernier, n’a pas permis à tout un chacun d’évaluer les résultats. A part le message solennel « nous avons vaincu le covid-19 », les citoyens n’ont pas pu percevoir à travers les déclarations du Chef de l’Etat, les détails du bilan officiel. Ce bilan reste flou. Plusieurs questions taraudent les uns et les autres. Comment avons-nous utilisé les aides étrangères dont les montants avaient été déjà annoncés par le Ministre des Finances ? Que et combien reste-t-il de ces aides ? Combien de prestataires ont bénéficié des marchés publics durant cette situation d’exception ? A combien se chiffrent finalement les dépenses de l’Etat en matière d’aides sociales, en matière d’achat d’urgence, ou encore en termes d’investissement social ? La valeur des 7 millions de litres de CVO distribués gratuitement a été comptabilisée sur quel budget de l’Etat ? Il y a d’autres questions, évidemment, mais le bilan reste flou.

Nombreux sont ceux qui souhaitent que le même Ministre des finances fournisse de plus amples informations avec un tableau bien clair de ce bilan financier. Et surtout expliquer ce qui va amener le pays à adopter des mesures après-covid impactant sur la Loi des Finances 2021, tout en espérant que Madagascar évite une deuxième vague de contamination. Anecdotique situation, semble-t-il, déjà à l’approche de l’annonce de la fin de l’état d’urgence, le Fisc revient à la charge pour le recouvrement des recettes, alors que bon nombre d’entreprises et de contribuables étaient à peine sortis des difficultés du confinement.

Les premières heures d’émotion de « la victoire contre le covid » passées, le gouvernement devrait se pencher sur les défis suivants. Famine dans le sud, création d’emplois, renforcement des mesures économiques avec le secteur privé, la résurgence du secteur minier, l’apaisement dans les communes dont les mesures prises par les maires se trouvent impopulaires, etc. Tout cela, avec beaucoup plus de transparence, car c’est la seule façon de revigorer cette population fatiguée et lasse d’être dans les derniers rangs des pays les plus pauvres.

 

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