Politique

Gouvernement: Manque de solidarité ou consigne de “low profile”?

Certains membres du gouvernement semblent avoir choisi de se taire et de "disparaître", face à la crise...

Une grande délégation pour régler une affaire de bourse non payée. La présidence a dépêché, rien que ça, pour “apaiser” la tension à Toliara où les étudiants de l’Université de Maninday ont fait la grève pour réclamer le paiement de leur allocation de quatre mois. Il a fallu tout ça ? D’aucuns se demandent où sont passés la ministre de l’Enseignement Supérieur, le ministre des Finances, ou du moins, le Premier ministre? Le fait n’est pas inédit. A certains moments, on remarque la présence de la Présidence, par le biais de ses représentants, descendre sur le terrain dans le règlement de certains « conflits sociaux ».

A part la ministre de l’Enseignement Supérieur, on peut citer quelques ministres dont les citoyens risquent d’oublier le nom. Alors que les débats sur le tarif et la non-performance de la JIRAMA font rage, on n’a pas vu le ministre de tutelle, Christian Ramarolahy, s’exprimer. Pas un seul mot. Beaucoup ne se souviennent pas de son visage. C’est le DG de la Jirama, en tant que « fusible » de premier abord, qui devait assumer son rôle.

On voit de moins en moins le ministre de l’Aménagement du Territoire, Hajo Andrianainarivelo, s’exprimer sur la crise politico-sociale actuelle, se contentant d’assurer sa part de responsabilités avec ces travaux en cours. Issu d’une coalition politique soutenant le Président Rajoelina, Hajo Andrianainarivelo ne semble pas vouloir s’impliquer beaucoup trop dans ces débats très sensibles. On ne sait pas, non plus, ce que fait le ministre Angelo Michael Zasy, en charge des villes nouvelles et de l’habitat. On entend moins de rapport sur les activités du ministère dont il est en charge, d’autant qu’il ne s’exprime pas, mais pas du tout, dans ces échanges vigoureux entre politiciens et partisans adverses. Très rare apparition également pour la ministre de la Population, Bavy Angelica Michelle, alors que la crise sociale, aussi bien dans les grandes villes que dans régions les plus reculées,

Jusqu’ici, on ne voit pas trop si c’est une consigne que le gouvernement devra suivre ou non. On a du mal à y voir plus clair. Par contre, certains ministres passent quand même pas mal de temps à la télévision et à la radio nationales. On ne parle plus de la ministre de la Communication à qui échoit la responsabilité de représenter le gouvernement dans ses déclarations. On parle de ces ministres qu’on voit presque chaque soir à la télé nationale avec des reportages relativement utiles dont, entre autres, la ministre de l’Environnement, Baomiavotse Raharinirina, le ministre du Tourisme, Joël Randriamandranto, les trois ministres responsables des Forces de l’Ordre, le ministre de l’Education nationale, Marie Michelle Sahondrarimalala, ou encore le ministre de la Santé publique, Hanitrala Jean-Louis Rakotovao.

Sur le plan politique, les membres du gouvernement, dans l’ensemble, ne s’expriment pas d’une manière directe. Ils laissent aux élus pro-régime le soin de répondre à l’opposition, alors que les remontrances émises par cette dernière concernent en grande partie leur département : inflation, eau, électricité, commerce, prix des PPN, bourses d’études, finances, insécurité, intimidations, arrestations, etc.

A un certain moment même, on a senti que le Premier ministre se faisait plus discret, étrangement. Et ces derniers temps, on a vu défiler sur les chaines de télévisions aussi bien publique que privées (partenaires du régime) des élus venant des régions défendant le pouvoir avec des arguments maladroits, frisant même le tribalisme…On devine qui est derrière.

 

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