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L’IEM face à la peste, la gale, la sécheresse et le kere

Sans vouloir devenir superstitieux, mais juste en constatant les réalités quotidiennes de la vie de la nation, de nombreux observateurs se demandent pourquoi ce retour des fléaux des anciennes époques?

Les plus pessimistes et superstitieux diraient que nous vivons dans un pays maudit.  A l’instar de quelques pays d’Afrique et d’Asie, Madagascar demeure encore, au XXIè siècle, un bout de terre où les maladies et les maux découverts dans les anciennes époques n’arrivent pas à disparaître. Le statut insulaire dont les Malgaches devraient se vanter –pour se différencier des autres – ne les a pas aidés.

La découverte d’une maladie infectieuse qui attaque la peau, dont les symptômes laissent croire à la gale, dans une commune près de Moramanga, ces derniers jours, interpelle. Causée par un parasite de type acarien microscopique, le sarcopte (Sarcoptes scabiei), la gale reste très contagieuse et elle existait presque toujours dans certaines régions de Madagascar. Au point pour le groupe célèbre Mahaleo d’en faire une chanson, laquelle illustre le mariage entre la gale et la famine, « deux amoureux inséparables », selon la composition de Bekoto. Ce dernier ne croyait pas si bien…chanter.

La famine, justement, est toujours là. Dans la partie sud de Madagascar. Il paraît que la France et l’Allemagne ont déjà été frappées par la famine en…1031. Appelé « kere », ce fléau se distingue de la malnutrition bien que le concept ait les mêmes conséquences. On n’arrive toujours pas à l’endiguer totalement, on ne trouve toujours pas la solution idéale au risque de s’en accommoder.

Chaque année, cette vieille maladie hautement contagieuse qu’est la peste, découverte par Alexandre Yersin de l’Institut Pasteur… en 1894, répond présente. L’Etat malgache lui a même «dédié» une saison : d’octobre en avril. Donc pendant la période des pluies. Cette anthropozoonose, causée par le bacille Yersinia pestis, est apportée par les rats qui fuient les feux de brousse dans la mesure où certains paysans profitent du début de l’été malgache pour débroussailler les terrains pour les prochaines cultures. Et là, non plus, plusieurs décennies durant, on n’arrive pas à stopper le fléau. L’entassement des ordures dans les grandes villes aidant, le manque de civisme des citoyens manifesté par une nonchalance étourdissante ne milite pas pour y asseoir une véritable résilience.

La question est maintenant de savoir si l’IEM (Initiative pour l’Emergence de Madagascar), outil de persuasion des tenants du régime pourrait y changer quelque chose. Dans son message lu sur le site web de l’IEM, le président de la République indique que « l’I.E.M. apportera des idées phares, des projets d’envergure, de véritables moteurs de croissance, pour le développement des secteurs clés de l’économie impactant sur le niveau de vie de la population, afin de transformer notre vision en action ». A part « Miami », la construction des stades, la déformation d’Anatirova par le colisée romain, les citoyens attendent toujours ces « idées phares », deux ans après son élection à la tête de l’Etat. Autant les problèmes s’accumulent, autant l’IEM compte de nouveaux « velirano ». Et face à la peste, la gale, et le kere, couronnés, par-dessus tout, de covid-19, les Malgaches sont loin de vivre une… immunité collective.

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