Politique

Magro Ankorondrano: La CUA pénètre dans une propriété au cœur d’un litige

La Commune urbaine d’Antananarivo veut organiser une foire sur le site du Magro Akorondrano. C’est pourtant un terrain loué par Tiko à travers un contrat de bail et qui devait lui être restitué après la signature de la feuille de route de sortie de crise.

Le forcing comme d’habitude. Alors que le terrain du Magro Akorondrano est toujours au cœur d’un litige entre le groupe Tiko et la Chambre de commerce et de l’industrie d’Antananarivo (CCIA), la Commune urbaine d’Antananarivo décide de s’immiscer dans le problème. Depuis la semaine dernière, des agents de la CUA ont pénétré sur le site en enjambant la clôture installée par le propriétaire des lieux en guise de scellée. Ils ont pour mission d’y organiser un évènement baptisé « Foire de champ » et s’attellent depuis quelques jours à l’installation des stands. Une initiative plus qu’inopportune puisque ce site fait toujours l’objet d’un litige entre le groupe Tiko de l’ancien président Marc Ravalomanana, propriétaire des magasins Magro, et qui le loue à la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo (CCIA), propriétaire du terrain, pour une durée de 40 ans.

«Cette propriété abrite encore des équipements appartenant à Tiko et la CUA n’a aucunement le droit d’y entrer ainsi de force. Il s’agit purement et simplement d’une violation de scellée », déclare-t-on dans l’entourage de Marc Ravalomanana.

Le Magro Akorondrano était parmi les magasins victimes des pillages et incendies perpétrés par les partisans du mouvement de 2009 et qui avait entrainé le pays dans une crise politique et sociale sans précédent.  Marc Ravalomanana ayant été contraint de s’exiler en Afrique du sud et avec l’arrêt inévitable des activités du groupe Tiko, il y a eu des difficultés dans le paiement du loyer. En 2013, la restitution des biens et la reprise de toutes les activités de l’ancien président fait partie des dispositifs prévus dans la feuille de route de sortie de crise signée par le président Andry Rajoelina. « De fait, la décision de justice sortie en 2011 et qui ordonnait l’expulsion de Tiko du site d’Ankorondrano est devenue caduque », soutient-on du côté de la société.

Après son retour  au pays en 2014, Marc Ravalomanana s’attelait à la réouverture des magasins Magro. Les travaux de réhabilitation des bâtiments incendiés du Magro Ankorondrano avaient alors débuté. Mais au mois de mai 2016, la CCIA, alors qu’elle avait déjà donné son accord, avait subitement ordonnée manu-military l’arrêt des travaux et barré avec un mur l’entrée du site en guise de scellée. Depuis, le dossier reste un litige qui attend encore sa résolution. Voilà pourquoi l’utilisation du terrain par la CUA est jugée illégale par le camp Ravalomanana,

Après cet épisode, Tiko qui voulait tout simplement rouvrir ses magasins avait accepté de payer les loyers en retard et avait déclaré à travers ses avocats qu’ils étaient disposés à négocier avec la Chambre de Commerce. Un chèque destiné à régler les arriérés de loyer aurait même déjà été envoyé à la CCIA mais refusé par cette dernière qui était visiblement sous la pression des autorités de l’époque.

 

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