Politique

Plan Émergence: Le FMI incontournable

Malgré ses prétentions, le régime actuel ne peut pas se passer de l'aide du FMI. Les deux parties seraient déjà en discussion sur l'après FEC conclu par le régime Rajaonarimampianina.

Les discussions autour du futur programme qui liera la Grande île et le Fonds monétaire international (FMI) sont officiellement lancées. C’est ce que le secrétaire général du ministère des Finances, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison a annoncé devant les agents de ce ministère ce lundi.

Les deux parties s’y attèlent déjà, soutient-elle, en précisant que les discussions peuvent durer jusqu’au 5 février de cette année. La dernière information livrée par le représentant de ce Fonds, Marc Gérard, est que cette future collaboration s’inscrit dans la continuité du précédent programme qu’est celui sur la Facilité élargie de crédit (FEC) et devra refléter les nouvelles priorités du gouvernement.

Aucun détail n’a donc filtré pour le moment. En tout cas, le FMI demeure incontournable, pour le régime actuel. A l’issue d’un face-à-face entre les parlementaires et les membres du gouvernement, au mois de novembre, le grand argentier, Richard Randriamandranto, avait d’ailleurs souligné que c’est sur ce programme que reposera les futures collaborations de Madagascar avec les autres bailleurs de fonds. Et le pays a visiblement plus que besoin de ces partenaires avec sa situation actuelle. Ces partenaires attendent pourtant des détails sur ce que l’État compte entreprendre pour les prochaines années.

Des détails que les autorités ont eu du mal à fournir. Pour preuve, le Plan Émergence de Madagascar (PEM) n’est toujours pas livré. Aux dernières nouvelles, ce document devrait encore faire l’objet de discussions avec ces PTF alors qu’il était prévu être présenté officiellement le 19 janvier.

On sait cependant déjà que le régime prévoit des projets coûteux. Le financement des infrastructures dans le PEM coûterait, par exemple, 8 milliards de dollars, rapporte un journal local. Des financements qui, en majeure partie, devront bien évidemment être remboursés avec les recettes collectées par l’Etat. Or, les risques de surendettement sont déjà passés de faibles à modérés pour Madagascar depuis le début de cette crise. Même si les principaux indicateurs de viabilité de la dette se maintiennent encore en deçà des seuils de risque établi pour le pays, les autorités malgaches se doivent d’être prudentes, selon la Banque mondiale.

Richard Randriamandranto sur le départ ?

Reste à savoir si la date butoir du 5 février annoncé par ce secrétaire général sera maintenu. Généralement, les négociations d’un nouveau programme avec le FMI est un processus assez long et laborieux, basé, entre autres, sur la capacité du pays à se conformer à certaines recommandations techniques. Des sujets tels que le recouvrement fiscal, le dossier Jirama, les réformes administratives et financières, et la gestion du prix du carburant, entre autres, reviennent souvent sur le tapis.

Evidemment, même si c’est un point qui n’est inscrit nulle part, il existe également certains aspects politiques. Ces dernières semaines, le bruit sur un possible départ du grand argentier à la demande du bailleur de fonds a beaucoup circulé mais la récente déclaration émanant de la présidence qui écarte la possibilité d’un remaniement semble l’avoir infirmé. A moins que Richard Randriamandranto ne soit appelé à d’autres fonctions pour ses compétences et laisse son fauteuil vacant.

Le fait que ce soit Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison qui avait annoncé une telle information signifierait-il quelque chose ? Dans tous les cas, si changement il y aura, il s’annonce imminent vu l’urgence de la situation. Madagascar a plus que besoin des aides budgétaires pour survivre et cela doit passer obligatoirement par un nouvel accord avec le FMI

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