Politique

Promesses de grands chantiers: Accueillies avec une certaine indifférence?

L’annonce faite par le président de la République le 31 décembre dernier a été commentée avec mitigation sur les réseaux sociaux. Même les partisans du régime y sont allés par prudence, à peine, avec quelques approbations et encouragements. Raison : on s’embrouille un peu dans la tête avec cette kyrielle de promesses depuis la campagne électorale.

Les noms changent trop fréquemment. IEM (Initiative pour l’Emergence de Madagascar), PGE (Politique générale de l’Etat), « Plan Marshall », suite aux effets du covid-19, et enfin, PEM (Plan Emergence Madagascar). On ne sait plus où donner de la tête. On ne sait plus quels résultats pour les uns, quel aboutissement pour les autres. Le seul lien entre ces appellations, c’est qu’il y a plein de promesses dans le panier. Des annonces à n’en plus finir qui ne répondent qu’à moitié aux besoins quotidiens de la population. Laquelle aspire à l’accès normal à l’eau potable, à l’électricité, laquelle souhaite un plan simple de redressement de l’impact social du coronavirus, la vulgarisation et l’équipement des activités agricoles, l’éradication du kere par la mise en œuvre des projets générateurs de revenus, l’aide des banques nationales aux travailleurs, aux employés, aux indépendants, ou encore la maîtrise de l’inflation.

Il est, en fait, un peu incongru de parler de téléphérique et de tramway, généralement fonctionnant avec de l’électricité, alors que l’approvisionnement en électricité à Antananarivo ne suit même pas la demande actuelle. Ce sont des infrastructures importantes mais non urgentes. Le discours n’a pas eu l’effet d’accueil escompté car le décalage entre les promesses faites depuis et la réalité dans laquelle vivent les malgaches reste traumatisant. A part la construction des centres sanitaires et des écoles, des initiatives louables, soit-dit en passant, l’on ne comprend pas pourquoi nos gouvernants ne présentent pas un programme de redressement socio-économique bien ficelé.

Il manque certainement une feuille de route économique, pour tous les acteurs, aussi bien en ce qui concerne le secteur privé, en général, que le secteur industriel, en particulier. L’on ne privilégie pas les secteurs qui créent des valeurs ajoutées.

Les annonces de fin d’année n’ont pas beaucoup entraîné un enthousiasme significatif dans la mesure où le côté du paraître prend un peu trop de place. L’Exécutif pense toujours qu’en promettant monts et merveilles, il atténuera le coup de la dureté du quotidien de nos compatriotes. Il n’apporte pas des explications sur la sollicitation de la société civile et de l’opposition qui réclament plus de transparence au niveau des finances publiques. Des zones d’ombres méritent d’être éclaircies.

Quoi qu’il en soit, on en saura un peu plus lors de la présentation officielle de ce PEM devant les acteurs nationaux et étrangers. L’Exécutif, ayant intérêt à améliorer sa manière de communiquer pour en dégager un programme bien clair, facile à suivre et à la portée de tous, devra convaincre les citoyens qui ont besoin de sécurité dans tous les domaines. Mieux vaudrait une bonne adhésion populaire qu’une liste de projets qui ne portent pas leurs fruits qu’après trois ou quatre ans. Et encore, s’ils arrivent à se concrétiser.

 

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